Apprendre la bioénergie : ressentir l’énergie, pratiquer et faire confiance à ses perceptions
Peut-on apprendre à ressentir l’énergie ? Je partage ici ma vision de l’apprentissage de la bioénergie : pratique, confiance, perception, temps et écoute intérieure.
Énergétique, bioénergie & magnétisme
Une question revient très souvent lorsque l’on parle de magnétisme, de clairvoyance, de médiumnité ou de bioénergie :
Est-ce que c’est inné ?
Est-ce un don ?
Une aptitude de naissance ?
Un héritage familial ?
Est-ce qu’il faut avoir « quelque chose » de particulier pour pouvoir ressentir l’énergie, devenir magnétiseur, clairvoyant, médium ou praticien énergétique ?
C’est une question que j’ai entendue un nombre incalculable de fois.
Et elle peut ouvrir de vrais débats.
Personnellement, je répondrais à la fois oui et non.
Comme souvent, c’est un peu plus subtil que cela.
Faut-il avoir un don pour apprendre la bioénergie ?
Dans l’absolu, je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’avoir un don particulier, un héritage familial ou une aptitude exceptionnelle pour commencer à ressentir et à pratiquer.
Tout le monde peut apprendre.
Mais cela ne veut pas forcément dire que tout le monde développera exactement les mêmes capacités, avec la même facilité ou dans les mêmes domaines.
J’aime bien faire une comparaison avec l’apprentissage d’une langue.
Prenons l’allemand.
J’ai eu des cours d’allemand du CP jusqu’à la troisième. Neuf années, tout de même.
Et très sincèrement : évitez de m’envoyer seul en Allemagne en espérant que je vous serve d’interprète. Sourire.
Techniquement, je pouvais apprendre.
J’avais les cours.
J’avais les professeurs.
J’avais le temps.
Mais il me manquait probablement quelque chose : l’envie, le goût, le sens que cela avait pour moi, peut-être aussi une véritable implication.
Pour le ressenti énergétique, c’est assez similaire.
Le point de départ n’est pas forcément un don.
C’est souvent l’envie, l’implication, la curiosité et le sens que l’on met derrière cet apprentissage.
À partir de là, énormément de choses deviennent possibles.
Certaines personnes auront naturellement plus de facilité.
Comme dans le sport, la musique, les langues ou beaucoup d’autres disciplines.
Mais cela ne rend pas la pratique des autres moins juste ou moins valable.
Nous n’avons pas besoin d’être les meilleurs partout.
Et surtout, rien ne sert de comparer constamment nos perceptions à celles du voisin.
Chacun apporte ses propres couleurs.
Et ceux qui ont vraiment des facilités ?
Évidemment, certaines personnes semblent naître avec des perceptions beaucoup plus ouvertes.
Elles ressentent naturellement.
Elles voient.
Elles captent.
Elles comprennent parfois très vite des choses que d’autres vont mettre plusieurs mois ou plusieurs années à apprivoiser.
C’est là que l’on utilise facilement le mot don.
Et cela ne me dérange pas particulièrement.
Certaines personnes ont effectivement une facilité.
Pour reprendre mon histoire d’allemand, dans ma classe, certains comprenaient presque immédiatement.
Quelques cours, quelques exercices, et tout semblait rentrer tout seul.
Moi, beaucoup moins.
Mais entre eux et moi, il y avait aussi toute une classe de personnes qui ont appris correctement l’allemand sans pour autant avoir un « don » particulier.
Je trouve que c’est une image assez juste.
Avoir des facilités n’est pas la même chose qu’être le seul à pouvoir apprendre.
Le don et la transmission
Il existe également une autre signification du mot « don », plus traditionnelle.
Dans certains milieux, un don était réellement donné.
Une prière.
Une formule.
Un rite.
Une façon particulière de faire.
Une personne la transmettait à une autre et, dans certaines traditions, celle qui transmettait arrêtait ensuite elle-même de pratiquer.
Il y avait quelque chose de très puissant dans ce geste.
Pas seulement dans la formule elle-même, à mon sens.
Il y avait aussi la reconnaissance :
« Je te choisis. Je te transmets cela. À partir de maintenant, c’est toi. »
Imaginez la force intérieure que cela peut créer.
La personne se sent reconnue, légitime, investie d’une responsabilité.
Consciemment ou inconsciemment, elle croit profondément en ce qu’elle vient de recevoir.
Et cette confiance a probablement elle aussi une importance immense.
J’ai parfois vu circuler aujourd’hui certaines de ces anciennes prières ou formules autrefois transmises de personne à personne.
Elles sont désormais disponibles partout.
Et je me demande parfois si une partie de leur force ne venait justement pas autant du rituel de transmission que des mots eux-mêmes.
Et l’héritage familial ?
La question de l’héritage familial est encore différente.
Est-ce que certaines aptitudes peuvent se transmettre ?
Peut-être.
Mais je resterais prudent avec l’idée qu’un enfant doit forcément reprendre quelque chose parce qu’un parent ou un grand-parent le pratiquait.
Je considère volontiers la thérapie énergétique comme un art.
Et dans les arts, nous connaissons beaucoup de grands musiciens, artistes ou créateurs dont les enfants n’ont pas nécessairement suivi le même chemin.
Parfois oui.
Parfois non.
Un héritage peut être une ouverture magnifique.
Il peut aussi devenir une pression.
On retrouve exactement la même chose dans une entreprise familiale lorsqu’un parent souhaite absolument que son enfant reprenne l’activité.
Ce n’est pas toujours un cadeau.
Dans l’énergétique également, il me semble essentiel d’apprendre à distinguer :
ce qui vient réellement de nous,
ce qui nous appelle profondément,
et ce que nous portons par fidélité, obligation ou attente extérieure.
C’est d’ailleurs une partie importante du chemin intérieur du thérapeute.
Alors…
Don ou pas don ?
Sourire.
Je dirais : probablement un peu des deux, selon les personnes.
Mais certainement pas besoin d’attendre qu’un éclair tombe du ciel pour commencer.
Ressentir l’énergie : commencer par ce qui est déjà là
Lorsque l’on débute, on imagine parfois que ressentir l’énergie doit être quelque chose d’extraordinaire.
Une énorme vibration.
Une vision.
Une sensation spectaculaire.
Un grand moment où l’on se dit :
« Ah oui ! Là, c’est sûr, j’ai senti l’énergie ! »
Cela arrive.
Mais la plupart du temps, les premières perceptions sont beaucoup plus simples.
Les premières énergies que l’on apprend généralement à identifier sont celles que l’on appelle selon les approches corps éthérique, énergie vitale, chi, qi, prana…
Et j’aurais presque envie de dire que tout le monde les ressent déjà.
Simplement, nous n’avons pas forcément appris à les reconnaître.
Une partie importante de la formation consiste finalement à mettre des mots sur des sensations parfois très ordinaires.
Prenons quelque chose de simple.
Votre bras ou votre jambe s’endort.
Qu’est-ce qui est exactement « endormi » ?
Votre corps physique ?
Votre circulation ?
Votre système nerveux ?
Votre perception de l’énergie dans cette partie du corps ?
Je ne cherche pas ici à donner une réponse médicale à cette sensation.
Ce qui m’intéresse, c’est simplement l’observation.
Parce que le premier apprentissage commence souvent là :
observer différemment ce que l’on ressent déjà.
Apprendre à distinguer le corps et le ressenti énergétique
Nous connaissons tellement notre corps physique que nous avons tendance à tout mélanger.
Corps, émotions, pensées, sensations, intuition…
Tout cela forme une sorte de bloc.
Apprendre la bioénergie, c’est progressivement faire un peu d’espace à l’intérieur de ce bloc.
Qu’est-ce que je ressens physiquement ?
Qu’est-ce qui appartient plutôt à mon état émotionnel ?
Qu’est-ce qui apparaît lorsque je pose ma main ici ?
Est-ce une chaleur ?
Une densité ?
Une vibration ?
Une sensation d’expansion ?
Une information plus intuitive ?
Petit à petit, le vocabulaire intérieur s’enrichit.
On apprend à écouter.
Ressentir un lieu, c’est déjà ressentir
Autre exemple très simple.
Vous entrez dans une maison.
Et immédiatement, vous dites :
« Ah, je me sens bien ici. »
C’est déjà une information.
Plutôt que de s’arrêter là, on peut commencer à creuser.
Qu’est-ce que “je me sens bien” veut dire ?
Est-ce que cet endroit m’apaise ?
Est-ce qu’il me donne de l’énergie ?
Est-ce que j’ai envie de m’asseoir et de ne plus bouger ?
Ou au contraire de respirer profondément, de m’ouvrir, de grandir ?
Puis on peut continuer.
Fermez les yeux.
Si cette sensation avait une image, à quoi ressemblerait-elle ?
À un rayon de soleil ?
À une source qui jaillit ?
À quelque chose qui rayonne ?
À une vibration sous vos pieds ?
Et progressivement, ce qui n’était au départ qu’une impression assez vague devient une perception plus précise.
C’est beaucoup comme cela que l’apprentissage avance.
Il n’y a rien de particulièrement magique.
Et en même temps…
il y a énormément de magie.
Parce qu’à force d’écouter et de creuser doucement, on découvre tout un monde derrière des sensations auxquelles on ne prêtait auparavant presque aucune attention.
Ressentir est une chose. Faire confiance en est une autre.
Puis arrive une autre étape.
Et celle-ci est parfois plus compliquée.
Faire confiance à ce que l’on ressent.
Imaginez.
Vous commencez à pratiquer.
Vous allez quelque part et, près d’un arbre ou dans un lieu particulier, vous ressentez une vibration extrêmement forte sous vos pieds.
Vous êtes heureux.
Vous découvrez quelque chose.
Vous rentrez chez vous ou vous retrouvez quelques amis autour d’un café.
« Vous savez quoi ? Hier, il m’est arrivé un truc incroyable. J’ai ressenti une énergie très forte sous mes pieds, ça m’a donné une pêche incroyable… »
Et là :
« Arrête avec tes histoires d’énergie. C’est n’importe quoi ton truc. Tu vas encore tomber dans un truc bizarre… »
Bim.
La petite confiance qui commençait tout juste à pousser vient de prendre un joli coup de pelle.
C’est une étape assez classique.
Protéger les premières pousses
Au début, je trouve parfois utile de garder certaines expériences pour soi ou de les partager avec des personnes capables de les accueillir.
Pas parce qu’il faudrait se cacher.
Mais parce qu’une perception qui commence tout juste à naître est fragile.
Elle a besoin d’être expérimentée.
Testée.
Vérifiée.
Confrontée.
Elle a besoin de temps pour devenir une expérience intérieure solide.
Aujourd’hui, je peux parler d’énergie dans un café rempli de monde sans que l’avis de la table voisine vienne bouleverser ce que je ressens.
Mais cette solidité s’est construite au fil des années.
Avec énormément d’expériences.
Des choses vérifiées.
Des erreurs aussi.
Des réussites.
Des rencontres.
Et petit à petit, la confiance n’est plus simplement une croyance.
Elle repose sur une expérience personnelle.
C’est très différent.
Et parfois, dans un couple, une famille ou un groupe d’amis, il faut accepter que tout le monde ne partage pas nos centres d’intérêt.
Votre conjoint n’a peut-être aucune envie d’entendre parler de corps énergétiques pendant deux heures.
Comme vous n’avez peut-être aucune envie de l’écouter parler de la Bourse, de football, de pêche ou de son dernier moteur pendant toute la soirée.
Sourire.
Ce n’est pas forcément un problème.
C’est aussi cela, accueillir les différences.
Développer ses perceptions… mais pour quoi faire ?
Ensuite vient souvent une nouvelle envie :
augmenter ses perceptions.
Voir davantage.
Sentir davantage.
Entendre davantage.
Accéder à des choses plus subtiles.
Oui.
Cela peut se travailler.
Mais personnellement, je ne suis pas très partisan de la course aux perceptions.
Il y a énormément de choses magnifiques derrière le rideau.
Et il existe aussi des choses beaucoup moins simples à intégrer.
La conscience doit grandir avec les perceptions.
Sinon, on risque surtout d’accumuler des expériences sans réellement savoir quoi en faire.
Cela ressemble parfois à une recherche de super-pouvoirs.
Mais la vraie question est plutôt :
Au service de quoi ?
Et au service de qui ?
Développer une perception n’a pas forcément beaucoup de sens si notre stabilité intérieure ne grandit pas avec elle.
Le temps et l’espace intérieur
S’il fallait donner une règle très simple pour développer son ressenti, je parlerais probablement de deux choses :
le temps et l’espace.
Prendre le temps.
Créer de l’espace intérieur.
Lorsque l’agitation baisse, l’écoute devient possible.
Et lorsque l’écoute devient possible, certaines perceptions commencent naturellement à émerger.
Cela peut passer par des exercices.
Mais au fond, il y a quelque chose d’encore plus large.
Apprendre progressivement à vivre dans cet espace d’écoute.
Observer.
Ne pas immédiatement remplir le silence.
Ne pas chercher une réponse avant même d’avoir posé la question.
Laisser venir.
Avec les années, je trouve que c’est une partie essentielle de cet art.
Nous avançons en retirant progressivement certaines perturbations.
Puis, une fois celles-ci retirées, nous en découvrons parfois d’autres derrière.
Et petit à petit, quelque chose devient plus clair.
Et si nos perceptions étaient déjà là ?
J’ai de plus en plus la sensation que beaucoup de ces facultés sont déjà présentes en nous.
Nous ne sommes peut-être pas toujours en train de les créer.
Nous apprenons plutôt à enlever ce qui nous empêche de les entendre.
L’agitation.
Le doute.
Les projections.
Le besoin de réussir.
La comparaison.
Les croyances.
Parfois même le désir tellement fort de ressentir quelque chose qu’il devient impossible de sentir ce qui est réellement là.
Une grande partie de l’apprentissage consiste donc paradoxalement à faire moins.
À devenir suffisamment tranquille pour entendre ce qui était déjà présent.
Et la bioénergie dans tout cela ?
Jusqu’ici, j’ai beaucoup parlé de la personne qui apprend.
Du bioénergéticien, finalement.
Parce qu’il représente une grande partie de « l’outil ».
Mais la bioénergie propose aussi tout un ensemble de grilles de lecture.
Différents corps énergétiques.
Différents niveaux d’information.
Des repères.
Des techniques.
Des façons d’observer et d’interagir avec ce que l’on perçoit.
Ces outils permettent de préciser la lecture et d’éviter de rester uniquement dans un ressenti très vague.
On apprend progressivement à jongler entre ces différentes grilles.
À observer.
À vérifier.
À intervenir lorsque cela semble juste.
Et, d’une certaine manière, à enlever ce qui vient perturber l’équilibre.
Le but n’est pas uniquement de « sentir des énergies ».
C’est aussi de retrouver davantage d’axe, d’alignement, de vitalité, de stabilité.
Parfois de retrouver du sens.
Et le corps physique lui-même peut réagir à cet équilibre général, puisque nous ne sommes pas constitués de petites cases complètement séparées les unes des autres.
Apprendre la bioénergie, finalement…
Apprendre la bioénergie n’est donc pas seulement apprendre une succession de techniques.
C’est apprendre à observer.
À ressentir.
À mettre des mots.
À expérimenter.
À se tromper.
À vérifier.
À recommencer.
À faire confiance progressivement à ce que l’on perçoit.
Et surtout à créer suffisamment de silence et d’espace en soi pour entendre quelque chose qui, peut-être, était déjà là depuis longtemps.
Certains iront très vite.
D’autres auront besoin de temps.
Certains développeront énormément leurs perceptions corporelles.
D’autres leurs images, leur intuition ou leur clairvoyance.
Il n’y a pas forcément une bonne façon de faire.
Il y a surtout un chemin à découvrir.
Et c’est probablement cela qui me plaît le plus dans cet apprentissage :
on apprend à ressentir les énergies, bien sûr… mais on apprend aussi énormément à se rencontrer soi-même.