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Exploration énergétique : quand le corps ouvre la porte à une autre histoire

À partir d’une problématique physique autour de l’épaule, je partage ici une séance d’exploration énergétique où les ressentis, les images et les symboles m’ont progressivement conduit bien au-delà de la zone de départ.


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Il m’arrive de commencer une séance avec quelque chose de très simple et très concret : une douleur, une zone du corps, une sensation qui revient ou un endroit qui semble ne pas vouloir lâcher.

Et puis je pars voir.

Je pourrais appeler cela une exploration énergétique.

Je prends le sujet comme une porte d’entrée, je me centre, je me connecte à la personne et je laisse ensuite les ressentis, les sensations, les images et parfois toute une histoire se construire.

Je ne sais généralement pas où cela va m’emmener.

Et c’est justement ce que j’aime dans cette manière de travailler.

La séance que je partage aujourd’hui en est un bon exemple.

Au départ, il était simplement question d’aller regarder autour de l’épaule d’Yves.

Mais assez rapidement, le voyage m’a emmené ailleurs.

Comme toujours lorsque je partage ce type d’expérience, ce que je raconte ici correspond à mon propre ressenti et à ma manière symbolique de percevoir les choses pendant la séance.

Je ne cherche pas à poser une vérité sur la personne.

J’explore, je ressens, j’interviens lorsque cela me semble juste… et nous observons ensuite ce que cela raconte du côté de la personne.

Partir d’un endroit précis… et laisser le voyage se faire

Salut Yves,

Je prends un petit temps pour aller voir ton épaule et ce qui tourne autour…

Je passe un peu en mode « Pierre le voyageur », pour aller voir ce qui se raconte sur le sujet. 😄

Comme souvent, j’écris en même temps que je voyage et je travaille en même temps que j’écris…

Enfin bref, un truc comme ça.

Je commence par un petit temps de centrage personnel.

J’ouvre l’espace, je monte tranquillement en vibration et, assez rapidement, je ressens quelque chose qui freine.

Comme une petite voix qui dirait :

« Ne monte pas trop haut. »

Je prends du recul.

Quelques perceptions passent de mon côté. Je fais un peu de ménage, je réajuste mon propre espace et ma connexion reprend tranquillement.

C’est aussi une partie importante de ma pratique.

Avant d’attribuer ce que je ressens à la personne en face de moi, j’essaye autant que possible de regarder ce qui pourrait simplement m’appartenir.

Une fois cet espace plus clair, je retourne vers Yves.

Quand une sensation en appelle une autre

Je fais un peu de place autour de lui.

Je souffle intérieurement dans cette intention…

Et presque immédiatement, mes yeux réagissent.

Une forme de tristesse.

Une envie de pleurer située très haut.

Je ne parviens pas vraiment à la définir.

En même temps, la sensation est très physique : de petits pics autour des globes oculaires, une impression de pression, presque des yeux rouges ou quelque chose qui tourne en rond.

Je ne sais même pas si cela concerne l’œil droit ou l’œil gauche.

Alors plutôt que de chercher à comprendre intellectuellement, j’y vais.

J’entre simplement dans cette sensation.

Et là, l’ambiance change complètement.

Se laisser traverser sans forcément tout comprendre

C’est assez fort.

J’ai la sensation que l’on m’arrache le cœur.

Évidemment, lorsque j’écris cela, je ne parle pas d’un phénomène physique réel.

C’est une traduction.

Mon corps et mon imaginaire prennent parfois des chemins assez spectaculaires pour me faire ressentir une ambiance intérieure.

Ici, c’est très émotionnel.

Ça bourdonne dans mes oreilles.

La pression augmente.

Puis apparaît une sensation très particulière au niveau de la cage thoracique.

Comme si tout le corps était comprimé.

Broyé.

Et progressivement une image se forme.

Une immense main.

Yves semble pris à l’intérieur de cette main qui se referme sur lui.

Je reste quelques instants avec cette image.

Derrière elle vient une autre ambiance.

Quelque chose qui touche au père, au créateur, à une autorité peut-être…

Je ne sais pas exactement.

Je ressens surtout une forme de lutte perdue d’avance.

Comme s’il n’y avait rien à faire.

Puis viennent des mots :

« Je ne suis rien. »

« Je suis incomplet. »

« Je suis nul. »

Comme si l’identité elle-même finissait par devenir le résultat de cette pression.

À cet instant, j’y vois quelque chose qui pourrait ressembler à une projection ou à un mécanisme d’auto-sabotage.

Mais je garde volontairement le conditionnel.

Une image peut raconter beaucoup de choses.

Elle peut représenter une histoire passée, une émotion, une croyance, une relation ou simplement une manière qu’a l’inconscient de donner une forme à quelque chose d’indicible.

Je n’ai pas forcément besoin de savoir immédiatement laquelle.

Sortir de l’histoire pour pouvoir agir

À force de me laisser traverser par cette sensation, elle devient suffisamment douloureuse pour que je décide de reprendre complètement ma place.

C’est important aussi.

Ressentir ne signifie pas rester enfermé dans ce que l’on ressent.

Je sors donc volontairement de cette ambiance.

Je reviens dans mon propre espace.

Et depuis cette position plus stable, je retourne vers l’image de la grande main.

Cette fois, je ne suis plus à l’intérieur.

Je la regarde de l’extérieur.

Et je commence simplement à libérer Yves de son emprise.

L’image réagit fortement.

La main s’agite dans tous les sens, un peu comme un serpent auquel on aurait coupé la tête.

Et bon…

Je reconnais que je n’y suis pas allé de main morte. 😅

J’ai presque l’impression de lui craquer les doigts pour que tout cela s’ouvre.

Petit à petit, la pression retombe.

La main se dégonfle.

Et Yves, dans ma perception, est complètement dans le coltard.

Comme quelqu’un qui sortirait d’un très long sommeil.

Revenir doucement

Je prends alors un moment pour le remettre en phase.

Pour l’aider symboliquement à refaire surface.

Petit à petit, il revient.

Il semble étourdi, presque comme s’il se demandait :

« Mais où est-ce que j’étais ? »

Et surtout :

« Qu’est-ce qui vient de se passer ? »

Je le rassure.

Quelques réponses arrivent.

Puis quelque chose d’assez amusant apparaît.

Je prends mentalement toute l’histoire que nous venons de traverser, j’en fais une sorte de gros dossier et je le lui tends.

Comme pour lui dire :

« Voilà. Tout est là. Tu retrouveras à l’intérieur les morceaux dont tu as besoin pour recoller l’histoire. »

Il prend le dossier.

Ça semble lui convenir.

Même s’il est encore légèrement sonné.

Et si finalement… ce n’était que du vent ?

Je retourne ensuite voir la grande main.

Ou plutôt ce qu’il en reste.

Je veux simplement vérifier que rien ne traîne.

Et là, nouvelle surprise.

Tout ressemble soudain à un château de sable.

À mesure que je touche, ça s’effondre.

Ça se désagrège.

Il ne reste quasiment rien.

Yves regarde lui aussi.

Un peu abasourdi.

Et l’ambiance qui me traverse pourrait presque se résumer ainsi :

« Ben en fait…

c’était rien.

Du vent. »

Et hop.

À la seconde suivante, je suis de nouveau complètement dans mon corps.

Ici.

Dans mon fauteuil.

Maintenant.

Chez moi, lorsque le retour est aussi brusque et naturel, c’est généralement que la connexion est terminée.

Je prends quand même quelques instants pour vérifier tranquillement de loin.

Tout semble posé.

Fin du voyage.

Alors… qu’est-ce que j’ai fait exactement ?

C’est une question que je trouve intéressante parce que, finalement, je ne saurais pas vraiment ranger ce type de séance dans une seule petite case.

Il y a du ressenti énergétique.

De la bioénergie.

Du travail intuitif.

Une forme de clair ressenti et de clairvoyance.

Des images symboliques.

Parfois des émotions qui traversent mon propre corps.

Et puis surtout beaucoup d’interactions avec ce qui apparaît pendant le voyage.

Je ne suis pas seulement en train de regarder.

Lorsque quelque chose me semble bloqué, comprimé ou figé, je vais généralement essayer de remettre du mouvement.

Si une image arrive, je peux dialoguer avec elle.

Si une énergie semble enfermée, je vais chercher une manière de l’ouvrir.

Si une émotion passe, je peux la suivre jusqu’à voir où elle mène.

Il n’y a pas vraiment de scénario écrit à l’avance.

Je pars d’un sujet.

Et je laisse la séance se construire.

Une problématique n’est parfois qu’une porte d’entrée

Ce que cette séance illustre assez bien, c’est que le point de départ n’est pas nécessairement le point d’arrivée.

Nous étions partis regarder une épaule.

Quelques minutes plus tard, je traversais une sensation au niveau des yeux, puis du cœur et de la cage thoracique, avant de rencontrer cette immense main symbolique et toute l’histoire qu’elle semblait porter.

Est-ce que cette image explique l’épaule d’Yves ?

Je n’en sais rien.

Et finalement, je crois que ce n’est pas forcément la bonne question.

Ce qui m’intéresse davantage est d’observer ce que la séance vient déplacer.

Ce qui résonne chez la personne.

Ce qu’elle reconnaît ou ne reconnaît pas.

Ce qui change dans les jours suivants.

Et parfois ce qui ne change pas du tout.

Le retour de la personne reste une partie importante du travail.

Parce qu'une perception énergétique sans confrontation avec le vécu de celui ou celle qui la reçoit peut facilement devenir une belle histoire racontée par notre propre esprit.

J’aime donc garder cette possibilité :

Peut-être que quelque chose de très juste vient d’être touché.

Peut-être que l’image était simplement une manière de faire bouger une énergie.

Peut-être aussi qu’une partie de ce que j’ai perçu m’appartenait ou demandera à être comprise autrement.

Et c’est très bien ainsi.

Explorer plutôt que chercher absolument une réponse

Avec les années, c’est probablement devenu l’une des choses que j’apprécie le plus dans ma pratique.

Ne pas devoir connaître la réponse avant de commencer.

Ne pas chercher à faire entrer la personne dans un protocole précis.

Prendre un sujet.

Faire de la place.

Puis partir voir.

Parfois je rencontre quelque chose de très simple.

Parfois une mémoire.

Une émotion.

Un symbole.

Une histoire familiale.

Une sensation corporelle.

Parfois quelque chose de complètement inattendu.

Et quelquefois… rien de spectaculaire du tout.

Mais chaque séance possède son propre chemin.

C’est pour cela que le mot exploration me plaît de plus en plus.

Je ne pars pas à la recherche d’une vérité cachée que je serais censé découvrir.

Je pars regarder.

Je ressens.

Je travaille avec ce qui se présente.

Et ensuite, chacun reprend son chemin avec ce que cette expérience aura — ou non — remis en mouvement.

Finalement, peut-être que « Pierre le voyageur » résume assez bien tout cela. 😄

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